Entre la Loire et le Rhône, la rivalité entre l’AS Saint-Étienne (ASSE) et l’Olympique lyonnais (OL) traverse bien plus que le simple cadre du football. Ce derby, l’un des plus enflammés et anciens du football français, réunit une histoire riche marquée par des affrontements musclés, des luttes identitaires et un duel de générations. Depuis le premier match officiel en 1951, chaque rencontre dévoile un pan d’une passion ardente, miroir d’une opposition sociale entre deux villes voisines mais profondément différentes. Plongée au cœur d’un choc unique en Ligue 1, où se mêlent émotion, culture et statistiques historiques.
L’article en bref
Le derby entre l’ASSE et l’OL n’est pas qu’un match de football, c’est un témoignage vivant d’une rivalité sociale, culturelle et sportive entre deux villes du centre-est de la France.
- Un duel chargé d’histoire : Plus de 120 rencontres depuis 1951 illustrent une opposition enracinée.
- Statistiques en équilibre : L’OL domine légèrement avec 47 victoires contre 45 pour l’ASSE.
- Rivalité sociale symbolique : Saint-Étienne, ville ouvrière contre Lyon, ville bourgeoise.
- Émotions et incidents : Des clashes, chants virulents et tensions au-delà du terrain.
Une rivalité qui dépasse le jeu pour devenir un marqueur identitaire fort du football français.
Rivalité entre ASSE et OL : un duel footballistique aux racines profondes
À peine 62 kilomètres séparent Saint-Étienne et Lyon, deux villes dont l’histoire s’entrelace dans une lutte sociale et politique qui a aujourd’hui son écho dans chaque derby de Ligue 1. Ce n’est pas seulement un affrontement sportif, mais un chapitre vivant d’un passé où le Forez ouvrait ses mines et où Lyon s’imposait en métropole économique et culturelle. Cette distance courte géographiquement pousse les supporters à vivre intensément ce derby, qui rassemble la passion populaire autour de symboles autant que d’enjeux sportifs. Ici, « le football ne joue pas qu’un match, il défend une identité. »
Un face-à-face sportif marqué par des chiffres impressionnants
Depuis la première confrontation en 1951, le palmarès relayant les exploits sur le terrain accuse 126 rencontres officielles toutes compétitions confondues. L’Olympique lyonnais enregistre 47 victoires face aux 45 succès des Verts, tandis que 34 rencontres se sont soldées par un nul. Si la suprématie lyonnaise s’affirme avec les sept titres de champion de France remportés entre 2002 et 2008, c’est pourtant l’ASSE qui a dominé la scène nationale durant les années 60 et 70, avec dix titres à son actif. Un duel en dents de scie qui scelle la complexité sportive de ce derby.
Les matchs mythiques et records du Derby ASSE-OL
Les statistiques révèlent des épisodes marquants : le derby le plus spectaculaire fut celui du 22 septembre 1963, au cours duquel neuf buts furent inscrits (OL 4 – 5 ASSE). Côté records, l’ASSE détient la plus grande victoire en championnat avec un retentissant 6-0 pris par l’OL au Chaudron en 1964 et confirmé en 1970, tandis que l’OL a infligé un 7-1 à Saint-Étienne à Gerland en 1969, l’une des défaites les plus lourdes du club lyonnais à domicile. Sur le plan individuel, Fleury Di Nallo et Hervé Revelli brillent comme meilleurs buteurs, avec 14 réalisations chacun dans ce derby.
Autour du derby : un chaudron d’émotions et d’incidents
Ce derby, aussi bruyant que passionnel, a souvent dépassé le cadre sportif. Les tribunes de Geoffroy-Guichard et du Groupama Stadium ont été le théâtre de chants hostiles, parfois agressifs, et de banderoles provocatrices, traduisant l’âme sociale qui sous-tend cette rivalité. Ces tensions se traduisent parfois par des incidents notoires : bagarres entre supporters, dégradations, ou interdictions ponctuelles de déplacement des fans adverses. En 2013 et 2014, l’absence des supporters lyonnais puis stéphanois lors des matchs au Chaudron et à Gerland illustre la précarité de cette passion ardente.
Les symboles et récits d’une opposition sociale et culturelle
La rivalité oppose naturellement l’ASSE, porteur de l’héritage ouvrier et de l’industrie minière, à Lyon, capitale régionale économique et culturelle, incarnant « la bourgeoise ». Des chants représentant cette dichotomie sont régulièrement scandés, que ce soit l’« Emmenez-moi à Geoffroy-Guichard » entonné à Lyon ou le « Nous, nous sommes les Stéphanois » des Verts. Entre les cités-puits et les quais du Rhône, ce derby est une véritable école de résilience, où la mémoire des luttes sociales se mêle au présent du football.
Performance, joueurs clés et figures marquantes des confrontations
Parmi les protagonistes qui ont marqué les derbys, Serge Chiesa a disputé un record de trente rencontres, tandis que des familles entières ont vécu ce duel en héritage, à l’image des fratries Alpsteg, Tylinski ou Rambert. La liste des joueurs passés d’un club à l’autre, comme Christophe Galtier ou Grégory Coupet, atteste que cette rivalité s’écrit aussi dans le respect du football professionnel. Leur influence dépasse le simple terrain et nourrit la mythologie du derby.
Liste des joueurs emblématiques du derby ASSE-OL
- Serge Chiesa – 30 matchs disputés
- Yves Chauveau – 28 matchs disputés
- Fleury Di Nallo – 21 buts inscrits
- Hervé Revelli – 14 buts inscrits
- Jean et Thierry Oleksiak – père et fils ayant joué le derby
Un derby d’avenir entre traditions et défiances
Malgré les évolutions économiques et sportives des deux clubs, la rivalité demeure un condensé de l’histoire sociale de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Saint-Étienne peine à retrouver son lustre d’antan, alors que Lyon travaille à s’imposer durablement en Europe. Ce derby illustre une véritable compétition de territoires liée aux identités locales. Récemment, l’aménagement des déplacements de supporters, la montée en puissance des féminines et les nouveaux enjeux sportifs témoignent de la dynamique qui continue de faire vibrer ce choc.
| Catégorie | OL | ASSE |
|---|---|---|
| Titres de Champion de France | 7 (2002-2008) | 10 (1957-1981) |
| Matchs officiels disputés | 126 rencontres disputées | |
| Victoires | 47 | 45 |
| Matchs nuls | 34 | |
| Plus grande victoire à domicile | 7-1 (1969) | 6-0 (1964, 1970) |
| Meilleur buteur dans le derby | Fleury Di Nallo (14 buts) | Hervé Revelli (14 buts) |
Pour certains, ce derby est le seul vrai « derby » du football français, à la fois pour la proximité géographique des deux clubs et la profondeur de leur affrontement. Cette intensité rappelle les duels historiques anglais, une rivalité où chaque coup de sifflet fait résonner l’histoire d’une région.
Football féminin : un duel qui s’écrit encore
Dans les divisions féminines, la confrontation entre l’ASSE féminine, issue du RC Saint-Étienne, et l’Olympique lyonnais demeure à sens unique. Lyon s’impose comme la meilleure équipe d’Europe, accumulant titres et démonstrations de force. La distance entre les deux formations est encore très importante, comme le prouve la dernière large victoire lyonnaise en 2024 (11-0). Toutefois, les derbys féminins portent une charge affective importante, car plusieurs joueuses ont grandi en connaissant cette rivalité spécifique et espèrent voir l’écart se resserrer.
Pour découvrir les enjeux culturels similaires dans le football international, l’analyse offerte sur les Brésiliens à l’ASSE propose un éclairage pertinent sur le rôle des joueurs d’Amérique du Sud dans les clubs français.
Un regard élargi sur différentes rivalités permet aussi de mieux saisir la singularité des confrontations comme celle entre Chelsea et Tottenham, à suivre sur ce derby londonien très suivi, où passion et enjeux socio-culturels se mêlent également.
Quelle est la plus grande victoire dans le derby ASSE-OL ?
Saint-Étienne détient la plus grande victoire à domicile avec un 6-0 réalisé en 1964 et 1970, tandis que Lyon a infligé un 7-1 à Saint-Étienne à domicile en 1969.
Combien de fois les deux clubs se sont-ils rencontrés ?
À ce jour, 126 matchs officiels ont opposé l’OL et l’ASSE, toutes compétitions confondues.
Pourquoi ce derby est-il si important culturellement ?
Il incarne l’opposition sociale et historique entre une ville ouvrière (Saint-Étienne) et une métropole économique (Lyon), dépassant ainsi le cadre purement sportif.
Y a-t-il eu des joueurs ayant évolué dans les deux clubs ?
Oui, plusieurs joueurs et entraîneurs comme Christophe Galtier ou Grégory Coupet ont porté les deux maillots durant leur carrière.
Comment les supporters vivent-ils ce derby ?
La rivalité est très intense, avec chants, tifos, et parfois incidents, traduisant une passion et une identité forte liées à chaque camp.




